La forêt qui n’est plus

 

 

Dans le cadre de Nuits des Forêts, événement du 2 au 4 juillet 2021, j'ai realisé avec la participation de la famille Segato, La forêt qui n’est plus, une intervention artistique in situ à travers la mémoire du lieu et des arbres.

Dans le territoire de Perles-et-Castelet ce lieu est aujourd’hui le témoignage d’une injustice envers la forêt : Les 300 sapins de plus de 50 ans ont été coupés à blanc sans autorisation.

À la rencontre de cette petite forêt disparue illégalement on aperçoit que c’était un lieu vivant, chargé de souvenirs et d’amour pour la nature.

Ici une récolte en images et réflexions de cette rencontre.

 

 

 

La forêt qui n’est plus

Ricordare, rappeler, appeler à nouveau, parce que sa mémoire est encore présente, dans le cœur et la parole. Reperire, pour se repérer, regarder autrement à travers les souvenirs, chercher des restes. Rivelare, révéler les traces cachées du passé mais aussi du futur. Riparare en tant que réparer mais aussi de protéger, de Riparo, abri en français. Ricreare, reconstruire des choses perdues. Attendere, attendre, tendre à, aspirer avec espoir et persévérance.

 

Le terrain est saccagé, voir les branches déchirées et la source polluée est très douloureux. Mais encore une fois de plus, c'est encore la nature qui vient nous rassurer, il y a des petites plantes qui poussent. Aujourd’hui je les ai recensés..

 

des fougères, des frênes, des hêtres, des chênes, des cerfeuils, des sapins..

Révéler l'arbre dans ces racines, encore enracinés, encore embrassées entre elles.

Les abatteuses ont laissé un terrain bouleversé, des cavités profondes remplis d'eau polluée de la source déviée.

En prolongeant ces rainures, je creuse avec les mains une feuille archéologique pour retrouver l'arbre. 

Reconstruire l’image de ce lieu.

« C’était vraiment merveilleux, chaque coin de ce forêt avait son univers, ç’avait du sens, chaque fois que je venais ici je me promenais au moins une heure dans toute la forêt, 30 ans de souvenirs.

La foret m’apaisait et je repartais avec une énergie nouvelle.

Ça me ramenait à ce que j’étais réellement, enfant, je retrouvais les sources de mon enfance, je revenais à cet état de simplicité.

Cette parcelle était ma préférée, un coin que j’aimais beaucoup c’était plus espacé, plus lumineux.  »

Christophe S.

« On voyait les sapins verts jusqu’en bas. Ça faisait comme une parabole, dedans c’était un perçage pour les oiseaux.

Les sapins avaient une autre structure, les branches étaient tellement grandes qui était archées vers le bas, mais elles remontaient à l’extrémité,

et après tu avais toutes les ramifications qui pendaient comme guirlandes. Ils avaient une structure qui n’apparaît qu’à partir d’un certain âge de leur taille et leur poids. »

Christophe S.

 

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